Not in my Backyard !

Un papier intéressant dans l’édition du 7 mai de Tehelka, cet hebdomadaire indien d’investigation engagée, croisement de Marianne et du Canard Enchaîné !

 

On le sait, l’Inde est confrontée à un problème énergétique. Pour alimenter sa population grandissante et son économie florissante, l’écart entre la demande et l’offre d’énergie va encore s’accroitre. Un enjeu bien connu est l’accès des zones rurales reculées à l’électricité. On estime que quasiment un tiers des villages n’est aujourd’hui encore pas alimenté. 

 

Un autre enjeu est bien analysé dans ce numéro, celui de la contradiction entre des zones qui consomment de plus en plus de courant, et d’autres zones qui supportent des centrales de génération électrique. Que celles-ci soient solaires, éoliennes, nucléaires ou thermales, la question des terres sur lesquelles vont « pousser » les futures centrales est critique.

 

 

Récemment, au Maharasthra, des émeutes ont éclaté dans le district de Jaitapur. Des émeutes largement conduites par le Shiv Sena, avec une coloration très politique, mais qui traduisaient quand même la crainte des habitants pour l’énergie nucléaire. 

Les projets de 63 centrales thermiques en Andra Pradesh, un Etat du sud de l’Inde, ont également donné lieu à des mouvements citoyens, inquiets des émissions polluantes comme des conséquences logistiques de ces centrales sur leurs lieux d’habitation (construction de routes sur mesure, de lignes à haute tension pour évacuer le courant…).

 

Des entreprises françaises comme Ciel et Terre réfléchissent déjà à l’utilisation de l’eau pour accueillir des centrales solaires connectées au réseau. Une piste parmi d’autres, qui n’évite pas de se poser la question des relations entre production d’énergie, consommation et habitudes de vie.