Et si les champions français étaient des PME solaires ?

A l'heure où la France s'interroge sur son mix énergétique, où le Monde se fait l'écho des craintes sur les capacités des champions nationaux historiques à remporter des victoires à l'export, je suis étonné de constater du très faible écho fait aux récents succès du solaire français en Inde.

Le mois de décembre a commencé par un MOU intéressant qui permet à Ciel et Terre et Techsub de disposer d'un partenaire indien de référence pour la diffusion de leurs centrales solaires flottantes. Une mission de l'organisation européenne EBTC a été l'occasion pour eux de concrétiser un accord avec ENZEN. L'info complète et les liens sont à lire dans leur communiqué de presse.

Quelques jours plus tard, c'est Solaire Direct qui créait la sensation en proposant un tarif de rachat de 7,49 roupies (10,81 cents au taux du jour !), plus très loin de la parité réseau. Une "réplication" de son accord avec Sorégies pour 120MW en France. Ce tarif représente un discount de plus de 50% du tarif proposé par le gouvernement indien dans le cadre de la 2ème tranche de la première phase de sa solar mission. Au total, cette phase aura permis l'accréditation de 57 projets pour 500MW de projets photovoltaiques, pour plus de 70% au Rajasthan. Une étape importante de la feuille de route qui prévoit 20GW de solaire connecté en Inde en 2022. Et dans laquelle ce sont à présent deux IPP français qui ont été retenus. Solaire Direct, donc, mais aussi Fonroche, qui obtient un projet de 20MW au Rajasthan. EAI a publié une analyse assez complète de cette première phase. Et la presse quotidienne s'en fait l'écho, par exemple ici.

Le moindre des impacts étant qu'enfin la France apparaît comme un pays dans lequel des ressources existent en matière de solaire. Espérons que cela se traduira par un plus grand intérêt entre industriels indiens et industriels français sur cette filière. Les annonces de Pierre Lelouche vont dans le bon sens, mais demandent maintenant à être converties en projets concrets.

Surtout, la question de la relation technologique entre la R et D française et le marché indien mérite d'être creusée, comme le propose Le Monde en conclusion de son article. Les produits et process français sont souvent perçus comme trop chers, peu adaptés. Au delà de ces récents succès commerciaux, l'enjeu pour la recherche et l'innovation française la capacité à se saisir de la frugalité nécessaire à la pénétration du marché indien représente l'un des thèmes les plus passionnants du moment ! Le Nouvel Economiste publiait un papier assez complet sur ce thème récemment.