Solar mission - phase 2 - toujours plus !

Toujours plus fort ! 

Beaucoup redoutaient que les projets retenus pour les premiers 600MW (dont 150MW de projets PV) de la première phase de la fameuse solar mission indienne n'arrivent pas à boucler leur tour de table financier. Tarifs de rachat trop bas pour cause d'enchères inversées, projets non rentables pour cause de puissance plafonnée à 5MW pour les projets PV, projets peu professionnels... L'avenir dira qui finalement avait raison, mais toujours est-il que tous les projest sauf un ont aujourd'hui réussi à mobiliser ses partenaires financiers dans les temps impartis par l'appel d'offre.

Et le gouvernement s'apprête à lancer une deuxième tranche de projets, de 350MW, dans des conditions plus favorables. L'objectif de réduction des coûts, avec en ligne de mire la parité avec les autres sources d'énergie, est clairement affiché. Cela passe d'abord par une augmentation significative de la limite de puissance maximum des projets, qui passe dans le PV de 5 à 20MW. Ensuite, les composants des projets vont devoir de plus en plus être produits localement. Cela était déjà le cas pour les panneaux, cela va l'être aussi pour les cellules. Ce n'est pas pour rien que Moser Baer envisage une entrée en bourse dans les mois à venir ! 

Le mécanisme des enchères inversées est maintenu, et on s'attend à une agressivité encore accrue des compétiteurs dans ce marché qui devient extrêmement concurrentiel. Pour le premier appel d'offre, les projets retenus avaient proposé des tarifs d'achat inférieur d'un quart à ceux de la commission de régulation (CERC).

L'attribution de ces 350MW marquera la fin de la première phase de la mission. Il en restera... 19 000 à attribuer dans les 10 ans à venir !

Innovation frugale

On peut difficilement évoquer le développement durable en Inde sans s'intéresser aux moyens que les entreprises et les ONG utilisent pour diffuser leurs produits et leurs services auprès de ceux que l'on appelle très inélégamment le "bottom of the pyramid". Autrement dit, comment les entreprises réinventent leurs modèles économiques quand il s'agit de vendre à bas coût, à une population nombreuse au faible pouvoir d'achat, habituée à consommer. 

A la complexité du modèle économique s'ajoute toujours une dimension d'impact environnemental. Les moyens mis en oeuvre et les priorités déterminées aujourd'hui conditionneront fortement le monde de demain en la matière !

Florian Petit en fait une analyse assez complète dans le Nouvel Economiste d'aujourd'hui, dans lequel Harita apporte sa contribution ! 

Not in my Backyard !

Un papier intéressant dans l’édition du 7 mai de Tehelka, cet hebdomadaire indien d’investigation engagée, croisement de Marianne et du Canard Enchaîné !

 

On le sait, l’Inde est confrontée à un problème énergétique. Pour alimenter sa population grandissante et son économie florissante, l’écart entre la demande et l’offre d’énergie va encore s’accroitre. Un enjeu bien connu est l’accès des zones rurales reculées à l’électricité. On estime que quasiment un tiers des villages n’est aujourd’hui encore pas alimenté. 

 

Un autre enjeu est bien analysé dans ce numéro, celui de la contradiction entre des zones qui consomment de plus en plus de courant, et d’autres zones qui supportent des centrales de génération électrique. Que celles-ci soient solaires, éoliennes, nucléaires ou thermales, la question des terres sur lesquelles vont « pousser » les futures centrales est critique.

 

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Des déchets à l'énergie, un autre miracle indien ?

Pour quiconque passe plus d’une semaine en Inde, l’enjeu saute aux yeux. D’un côté, des piles de déchets, non traités, un peu partout dans la rue. De l’autre des pannes de courant régulières.

C’est bien connu, l’Inde manque de courant et produit trop de déchets. Pire, les évolutions démographiques et de mode de vie renforcent le phénomène.

Alors, produire du courant à partir de la combustion ou de la méthanisation de déchets apparaît comme une solution miracle. A la fois dans les villages, où les déchets peuvent devenir une source d’énergie décentralisée, que ce soit par la gasification des résidus de riz pour Husk Power System dans le nord est ou la méthanisation des déchets pour SKG Sangha. Une piste également pour la production d'énergie renouvelable sur le réseau, comme tentent de le faire sans grand succès les "grands" du déchet en Inde. Par voie d'incinération essentiellement, à l'image de Ramky. Les rares projets de méthanisation n'ont pour l'instant pas trouvé leur modèle économique, faute essentiellement d'un tri efficace des déchets organiques à la source. Le premier projet commercial identifié à ce jour est porté par JINDAL ITF, à Okhla, près de Delhi. Il consiste à méthaniser le tiers des déchets de la capitale (2 050 tonnes par jour) pour disposer d'une capacité de production de 16MW.

Une loi oblige pourtant depuis 2000 les municipalités à mettre en oeuvre ce tri sélectif, et à processer l'ensemble de leurs déchets. Mais, de l'aveu même du gouvernement, l'obligation de traiter les déchets est respectée par moins de 10% des villes.

Comme le rappelait utilement Narasimhan Shantanam, fondateur de EAI, le vrai enjeu du "waste to energy" en Inde concerne finalement assez peu l'énergie. La capacité globale de production d'énergie à partir de déchets est estimée en Inde à 3 000MW, à comparer aux presque 200 000 MW installés à ce jour et aux 20 000 MW promis par le solaire en 2022. L'enjeu majeur est celui du traitement des déchets, dans un pays où les terres sont rares. Des modèles économiques sont possibles, l'ère du "tout incinération" pourrait disparaitre dans les 5 ans à venir. Il est temps de s'y intéresser !

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Tamil Nadu, nouvelle terre de conquête solaire ?

Après le Gujarat et le Rajasthan, le Tamil Nadu serait-il en train de devenir le nouveau hot spot solaire ?

 

Cet Etat est plus connu aujourd’hui pour ses éoliennes, dont les 6GW installés représentent près de la moitié de la capacité nationale. Plus du tiers de l’électricité produite provient de sources renouvelables. Mais, à ce jour, le solaire connecté représente moins de 0.2MW au Tamil Nadu.

 

L’Electricity Board du Tamil Nadu accumule, comme dans le reste de l’Inde, des pertes importantes. Près de 6 milliards d’euros de pertes cumulées, et un déficit annuel de 1,5 milliard d’euros. Les tarifs de consommation électriques sont aujourd’hui parmi les plus bas de l’Inde et n’ont quasiment pas augmenté depuis plus de 10 ans. La pression sur les prix crée un contexte favorable à un soutien de l’Etat tamoul aux investissements solaires.

 

Les conditions naturelles sont également bonnes, la radiation solaire au Tamil Nadu étant la troisième plus forte en Inde (5.35kWh par mètre carré par jour en moyenne).

 

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